Les analgésiques, source de maladies chroniques


Les analgésiques, source de maladies chroniques

Les analgésiques constituent pour bien des gens une solution rapide et efficace à une douleur chronique ou aigue. Pourtant, les études récentes démontrent le lien étroit entre la consommation continue d'analgésiques et celle de multiples effets secondaires tels que les troubles gastro-intestinaux, les brûlures d'estomac et les ulcères gastriques ou duodénaux.

Dernièrement, de nouvelles études ont associé la surconsommation d'analgésiques à certains problèmes chroniques tels que des migraines, une diminution de la croissance des os et un ralentissement du processus de guérison. Lisez le texte qui suit pour en savoir davantage pour ce sujet.


La théorie sur les analgésiques
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) vendus sans ordonnance incluent les analgésiques de marque tels que Aspirine, Orudis, Advil, Motrin et Aleve. Ces antidouleurs, consommés de façon exagérée par les Nords-Américains, semblent déclencher des affections chroniques dont plusieurs théories tentent d'en expliquer la cause.

Si toutes les théories avancent des hypothèses différentes, la plupart reposent sur un même principe : les AINS altèrent les réactions chimiques cérébrales qui, en retour, réduisent dramatiquement la tolérance de l'utilisateur à la douleur. Ces mêmes AINS modifient également le mécanisme de guérison naturel de l'organisme. Ils y font entrave et ralentissent les processus de régénérescence des tissus vasculaires, épithéliaux et viscéraux.

Toutes ces ordonnances...
Les AINS sont utilisés couramment pour masquer des douleurs musculo-squelettiques (douleurs aux muscles et aux tendons). Un rapport publié en 2002 démontre que les ordonnances d'AINS pour traiter les douleurs musculosquelettiques ont atteint des sommets inégalés au cours des dernières années.

L'investigation a comparé le nombre de prescriptions pour des douleurs musculo-squelettiques en 1980 à celles données 20 ans plus tard en 2000. Les prescriptions d'AINS pour les douleurs aiguës sont passées de 19% en 1980 à 33% en 2000 et celles utilisés pour les douleurs chroniques ont connu un bond de 22% à 29% au cours de ces 20 ans.

En 2000, le tiers des prescriptions d'AINS portait sur des agents COX-2, un nouveau type d'AINS qui inhibe une enzyme, la cyclo-oxygénase-2 (COX-2), enzyme importante responsable de l'inflammation. Ces inhibiteurs de la COX-2 incluent Celebrex, Vioxx et Bextra.

L'étude a également révélé que même si le nombre de consultations pour les douleurs musculo-squelettiques était similaire au cours des deux dernières décennies, les médecins sont maintenant plus susceptibles de prescrire ces AINS dommageables pour la santé (Pain 2004; 109:514-519).

La situation inquiète les Drs Moreau et Vallières, tous trois chiropraticiens. Préconisant la prévention et l'emploi de méthodes de traitement naturelles, ils croient que masquer la douleur avec des AINS chargés d'effets secondaires est néfastes à long terme pour la santé des gens.

Leur approche repose sur la détection et la correction des subluxations vertébrales, des zones de la colonne vertébrale où les vertèbres sont désalignées. Les subluxations vertébrales entraînent une myriade de problèmes de santé et de douleurs chroniques tels que des douleurs musculo-squelettiques, des maux de tête, des migraines, des reflux gastriques, des problèmes de constipation, etc.
Pour corriger ces interférences nerveuses, les Drs Moreau et Vallières utilisent une technique spécialisée appelée l'ajustement chiropratique.

Maux de tête et migraines
La médecine traditionnelle répond souvent à la douleur et à la maladie avec la médication et la chirurgie. Au contraire, les chiropraticiens constatent que les médicaments engendrent souvent des effets secondaires importants. Ils encouragent donc leurs patients à essayer des approches alternatives et naturelles.

Les études les plus récentes démontrent que la consommation excessive d'AINS peut arriver à déclencher des migraines et des maux de tête importants. Ces recherches révèlent également que jusqu'à 15% des patients qui fréquentent les cliniques de maux de tête souffrent de ce problème en raison d'un mauvais usage d'un ou de plusieurs médicaments (J Child Neurol 2001; 16:448-449).

Une toute nouvelle étude réalisée en Norvège rapporte que la surconsommation d'antidouleurs (pendant au moins un mois) accroît le risque de maux de tête chroniques par plus de 7 fois. Les sur-utilisateurs sont également 10,3 fois plus susceptibles de signaler des migraines chroniques. Quelque 50 000 personnes ont participé à cette étude de deux ans. Les sujets ont rempli des questionnaires sur leurs douleurs chroniques et sur leur consommation d'antidouleurs. La conclusion : Plus longue est la durée d'utilisation d'un antidouleur, plus forts sont les symptômes ou effets secondaires expérimentés.

De plus, cette étude a permis aux scientifiques de conclure que les maux de tête et les migraines chroniques sont plus fortement associés à un apport fréquent d'analgésiques qu'à toute autre douleur courante comme les douleurs chroniques cervicales ou lombaires (Neurology 2004;62:1540-1544).

Enfants et mal de tête chronique
La recherche démontre maintenant que les enfants et les adolescents souffrent eux aussi de maux de tête et de migraines causés par les analgésiques. Une analyse de trois ans à laquelle ont participé 28 jeunes âgés entre 12 et 18 ans a révélé l'existence d'un lien direct entre les maux de tête chroniques et l'utilisation quotidienne d'antidouleurs. Tous les sujets avaient des antécédents de maux de tête chroniques, et la plupart enduraient un mal de tête de 19 à 31 jours chaque mois depuis plus de 18 mois.

En moyenne, les enfants prenaient 28 comprimés d'antidouleurs par semaine (soit quatre par jour). 21 d'entre eux prenaient de l'acétaminophène (Tylenol), 5 prenaient un composé contenant de l'acétaminophène, de la caféine et de la codéine et 2 prenaient un composé contenant de l'aspirine, de la caféine et de la codéine. Graduellement, tous les patients ont cessé de prendre ces médicaments. Résultatω Une disparition complète des maux de tête chroniques induits chez 26 des 28 sujets (J Child Neurol 2001; 16:448-449).

Croissance osseuse
Les chercheurs ont récemment découvert que la COX-2 entrave également la croissance osseuse des enfants ou adolescents. Une équipe du Orthopaedic Research Laboratory au Stanford University Medical Center a étudié la croissance osseuse chez 8 lapins. Pendant 4 semaines, les lapins ont reçu de l'eau sans AINS, ou bien de l'eau contenant un médicament inhibiteur de la COX-2. Comparativement aux lapins n'ayant pas reçu de médicaments, ceux ayant reçu des AINS présentaient une croissance osseuse sensiblement moins grande.

Les résultats de l'étude portent donc à croire que les inhibiteurs de la COX-2 prescrits à l'heure actuelle pour traiter l'arthrite et d'autres maladies peuvent potentiellement retarder la croissance osseuse et possiblement même la guérison des fractures (J Orthop Res 2002; 20:1164-9).

Guérison des fractures
Des chercheurs ont étudié des rats de 12 semaines ayant le fémur fracturé. Un groupe s'est vu prescrire 20 mg par jour d'un AINS COX-2 appelé Étodolac pour une période de trois semaines. Une autre cohorte de rongeurs ayant des fractures n'a reçu aucun médicament. Trois semaines après la chirurgie, les chercheurs ont mesuré la force des fémurs fracturés et l'union des os dans les deux groupes.

La guérison de la fracture était sensiblement plus faible dans le groupe des rats ayant reçu l'inhibiteur de la COX-2, comparativement au groupe de contrôle. De plus, la force et la raideur des fémurs étaient notablement plus faibles chez les rats traités que chez ceux du groupe contrôle (J Physiol Anthropol Appl Sci 2002; 21:235-238).

Guérison des muscles et des tendons
Une recherche présentée à Québec en juin 2004 à l'occasion de la réunion de l'American Orthopaedic Society for Sports Medicine, révèle que les AINS ralentissent la guérison des tendons et favorisent possiblement même les douleurs chroniques.

L'étude a porté sur 180 rongeurs ayant subi une chirurgie à la coiffe des rotateurs, un groupe de muscles et de tendons qui soutiennent l'extrémité supérieure du bras dans l'articulation de l'épaule. 60 rats ont été traités par Indométhacine, un AINS prescrit couramment. 60 rats ont été traités par Celecoxib, un inhibiteur de la COX-2. Et finalement, les 60 rats restants ont formé le groupe contrôle et n'ont reçu aucun médicament.

Comparativement aux rats du groupe témoin, les rats traités par médicaments affichaient une guérison des tendons et des os distinctement moins robuste. Chez les rats traités, 5 tendons n'avaient tout simplement pas guéri sur l'os même après 4 et 8 semaines. Cependant, tous les tendons avaient bien guéri au sein du groupe contrôle.

Bien qu'il s'agisse d'une étude préliminaire, les auteurs expliquent que les résultats donnent matière à préoccupations en ce qui concerne le traitement par AINS et demandent des recherches plus approfondies sur le sujet.

Prévention de la douleur
Les publicités télévisées donnent l'illusion que les analgésiques représentent une solution simple et évidente aux douleurs chroniques. Les effets secondaires d'une consommation excessive créent par contre des problèmes complexes à long terme - ce que les publicités se gardent bien de nous montrer. Ne vous laissez pas influencer par les médias et choisissez plutôt des approches préventives qui sauront vous guider vers une santé au naturel.

Pour toutes questions concernant les AINS, consultez votre chiropraticien, il se fera un plaisir de répondre à vos interrogations.


L’Arc de Vie Chiropratique
74 boul. Labbé Sud
Victoriaville, Québec
G6S 1B5
(819) 758-5036

Présenté par Drs Geneviève Moreau, Simon Moreau et Jonathan Vallières, Chiropraticiens de famille
Source (s) : Université de la Santé Optimale

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